RH : confiez le screening de vos candidats à un chatbot Messenger

Alors que les processus de ressources humaines s’automatisent peu à peu, 15% des responsables RH reconnaissent que l’intelligence artificielle et l’automatisation affectent déjà leur stratégie, pendant que 40% s’attendent à cela soit le cas sous 5 ans. Brian Westfall, Senior Content Analyst chez Capterra explique : « Les chatbots sont assurément un enjeu majeur dans le recrutement ». Ils sont utilisés pour planifier les entretiens, pour répondre à des questions basiques sur le poste et même rediriger les candidats vers d’autres offres qui pourraient correspondre à leur profil. Mais la tâche qui est de plus en plus fréquemment confiée aux chatbots est le pré-screening des candidats. »

Et la raison est simple : chaque offre génère de plus en plus de candidatures, grâce notamment à l’amélioration et la multiplication des outils et canaux de diffusion. La quantité de CVs reçus dépend évidemment de l’entreprise, du secteur et du poste. Mais de plus en plus d’entreprises reçoivent plus de 100 CVs par offre publiée. Quand on atteint ces volumes, l’automatisation devient nécessaire, pour écarter les candidatures hors propos.

L’exemple d’Alorica : un chatbot Messenger pour trier les candidatures

Alorica par exemple, un fournisseur américain de solutions CRM, utilise les chatbots pour le recrutement depuis deux ans. L’entreprise les a intégré dans les offres postées aux Etats-Unis sur des plateformes comme CareerBuilder ou Facebook. La plupart des candidats sont en effet enclins à communiquer par message via leur smartphone. Bong Borja, président d’Alorica APAC, explique que la méthode fonctionne : les candidats répondent à des questions basiques posées directement par le chatbot. Ils peuvent aussi enregistrer des messages audio ou vidéo s’ils le souhaitent. Même si l’entreprise se défend d’utiliser exclusivement les chatbots pour trier les CVs qu’elle reçoit, les candidats comprennent rapidement qu’ils ont affaire à une IA.

Les chatbots d’Alorica trient ainsi environ 100 000 candidats en Asie. Borja explique que les candidats apprécient la méthode : les chatbots sont disponibles 24h/24, quelque soit le fuseau horaire du candidat.

Le chatbot pose des questions sur les compétences basiques et l’expérience nécessaire pour le poste en question. Il peut aussi répondre à des questions simples comme la rémunération. Borja estime qu’environ 35% des interactions d’Alorica avec des candidats potentiels vient désormais par les chatbots. L’IA écarte de la sélection les candidats qui sont clairement non qualifiés et permet aux recruteurs de se concentrer sur ceux qui présentent le plus d’intérêt.

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Aujourd’hui, il existe un Chatbot RH pour #metoo

La campagne #metoo a permis de dénouer les langues sur le harcèlement au travail. Cependant, aujourd’hui de nombreux cas ne sont pas encore dénoncés. Souvent, les employés signalent des comportements inappropriés, mais ils ont le sentiment que les RH ne prennent pas ces plaintes au sérieux.

Pour remédier à cette situation Phil Libin, le co-fondateur d’Evernote, soutient une nouvelle application appelée Spot.

Cette Startup de la Silicon Valley a créé un chatbot qui incitera les gens à raconter le harcèlement qu’ils subissent au travail. le Chatbot doté d’une intelligence artificielle créera un PDF puis remontera le rapport aux supérieurs.

Spot sera accessible pour tout le monde et gratuitement en ligne.

Mais pourquoi les créateurs pensent-ils que ce Chatbot fonctionnera mieux que de rapporter directement les problèmes aux RH ?

Les co-fondateurs Dr Julia Shaw, Dylan Marriott et Dr Daniel Nicolae pensent que Spot encouragera les individus à rapporter leurs expériences plus rapidement et plus précisément que s’ils parlaient directement à un humain. Parler à une machine permet de se livrer sans gêne.

De plus, les employés craignent souvent les représailles et ne signalent donc pas leur problème. Ce chatbot permet de rester anonyme.